Pourquoi la technologie sous ses différentes formes plaît autant ?
Pourquoi est-elle systématiquement considérée comme un progrès ?
Au lendemain de la dernière guerre mondiale, l’automatisation des travaux dans tous domaines (industrie, agriculture, élevage, pêche, transports, …) s’est imposée.
Vers les années 1970, l’informatisation, c’est à dire l’automatisation des tâches administratives ou de gestion s’est à son tour imposée. Cette informatisation s’appuyait déjà sur la numérisation mais les liaisons téléinformatiques de l’époque étaient essentiellement point à point et assez limitées en débit.
Vers 1985, le réseau multipoint TCP/IP est devenu le standard des échanges téléinformatiques. Les progrès dans la puissance des serveurs de données et dans la vitesse des échanges sur le réseau Internet ont imposé le tout numérique. Même la radio et la télévision qui auparavant utilisaient la modulation d’amplitude ou de fréquence sont passées au standard du tout numérique.
Parallèlement, les ordinateurs individuels de bureau puis portables se sont développés.
Grâce au réseau Internet, les antennes relais GSM, 2G, 3G, 4G … ont permis l’utilisation massive des smartphones, ces objets connectés faisant office de téléphone universel mais aussi d’ordinateurs très personnels avec répertoire de contacts, emploi du temps, navigateur Web, …
Pourquoi un tel succès de ces diverses technologies ?
On peut avancer diverses raisons telles que la disponibilité de ces technologies, la volonté des affairistes d’utiliser ces opportunités pour s’enrichir, l’engouement pour la nouveauté. Certains mêmes vous diront qu’on avait besoin de ces technologies arrivées à point nommé !
Peut être ?
Mais remarquons que toutes ces technologies ont un point commun : l’amélioration de la vitesse ! Et elles ont plu et plaisent encore aux affairistes et aux utilisateurs parce qu’elles font gagner du temps ; cela signifie plus de rentabilité pour les affairistes et plus de temps libre pour les utilisateurs.
Est-ce que ça fait vraiment gagner du temps à toute la société ?
Pas sûr !
Yvan Illich l’a bien démontré en comparant la marche à pied et l’usage de la voiture.
Marcher ne nécessite pas d’achat onéreux à part une bonne paire de chaussures, ni d’infrastructures lourdes : un simple chemin suffit.
En revanche il faut économiser avant de pouvoir acquérir une voiture ; il faut l’alimenter régulièrement en carburant et l’entretenir ; il faut développer une infrastructure routière très conséquente.
Si l’on tient compte de tout ce qui est absolument nécessaire à l’usage de l’auto et qu’on mesure tout le temps passé indirectement pour cela, tout se passe, globalement pour la société, comme si l’ensemble des automobilistes n’était guère plus rapide que l’ensemble des piétons.
Ce raisonnement s’applique aussi pour nos serveurs et nos précieux smartphones.
Pas convaincu ? Imaginez un bug sérieux sur un grand nombre de serveurs et le dysfonctionnement du réseau Internet qui en découlerait ; nombre de nos applications informatiques dont données et traitements qui sont stockées sur des serveurs ne marcheraient plus !
Au niveau individuel, c’est donc l’apparente vitesse de réalisation, de transport, de traitement informatique qui séduit et nous aveugle sur la réalité de notre monde.
Cette vitesse est obtenue grâce à une consommation d’énergie considérable.
Pour pouvoir consommer cette énergie il faut d’abord la récupérer, l’extraire, la produire, la transformer.
Nous savons que toutes ces activités essentiellement industrielles nuisent à notre milieu de vie ; l’extraction des ressources minières, fossiles ou fissiles détruisent et polluent pour longtemps l’environnement. De plus, ces activités produisent à chaque fois des déchets nocifs quasi éternels à l’échelle humaine dont le carbone (CO2 et CH4) responsables du réchauffement climatique. Ces mêmes activités réduisent et détruisent la biodiversité, dont celles des produits alimentaires de toutes sortes.
Le constat est implacable : notre goût exagéré pour la vitesse est en train de réduire notre espérance de vie.
Alors, si nous sommes réellement des êtres intelligents, nous devrions comprendre qu’augmenter la vitesse des moyens de transport, passer de la 4G à la 5G voire plus, remplacer l’homme par un robot, ne sont pas des fins en soi !
Nous devrions maudire ces présidents (Sarkozy, Macron) qui parlent de retour à la bougie ou équivalent, dès que nous commençons à réfléchir sérieusement à notre devenir et celui de nos enfants et descendants.
Nous devrions réaliser que nous sommes des êtres vivants comme les animaux et les plantes et que nous serions fous à lier, de vouloir vivre hors sol à toute vitesse !
Edité le:29/08/2025