Je me suis posé une question apparemment simple et en fait particulièrement complexe.
Comment identifier de façon universelle toute chose ou objet que nous pouvons posséder, acquérir ou céder ?
Cet objet a un nom, une description, une forme, une couleur, une matière, une fonction, un prix, une version voire un historique, un poids, etc … Ces quelques caractéristiques sont à traduire dans toutes les langues du monde … L’objet se compose lui-même de sous objets et de sous sous objets ayant ces mêmes caractéristiques. La décomposition en sous objets est assez facile à décrire ; elle obéit au concept de nomenclature (*) parfaitement descriptible et modélisable dans une base de données.
Si l’objet est assez petit, il semble assez aisé de lui donner un nom qui semble universel ; par exemple une vis, un écrou, un clou ; chacun d’eux a une fonction, une forme générale, une matière bien déterminée … quoique l’artiste ou l’occasion peut trouver une tout autre fonction à ce petit objet ! L’objet, en principe destiné à fixer deux autres pièces ou objets peut devenir simple élément de décoration.
Quand on accède à un site de vente internet, les objets vendus sont tous nommés, référencés, côtés, valorisés dans une grande liste, une base de données qui est limitée à ce que le vendeur propose. Pour que l’objet soit référencé de façon unique quelque soit le langage utilisé par l’éventuel acheteur, il faut lui affecter un identifiant ou un code unique, le plus simple étant une valeur numérique encore appelée clé unique.
Il existe de très nombreux sites de vente internet ou autres qui sont en mesure de proposer exactement le même objet, par exemple un livre (*) de tel titre, tel auteur, telle langue. Chaque site devra identifier ce livre de façon unique dans sa propre base de données. La clé unique utilisée sera donc différente pour chaque vendeur.
On peut en déduire que vouloir identifier de façon universelle tout objet est mission impossible. Si on cherche à étendre cette idée à toutes nos actions et activités, le constat d’impossibilité est encore plus évident même si toutes les sociétés et organisations du monde tentent de le faire pour améliorer leur fonctionnement et leurs profits.
Mais pourquoi voudrions nous identifier toute chose de façon unique et universelle ?
Sans doute parce que la mondialisation permet à chacun de nous, d’accéder à une multitude d’objets, de biens, de services disponibles sous différentes qualités et prix et que nous espérons ainsi être en mesure de faire le meilleur choix possible.
Cette quête implicite du meilleur choix est rendue possible grâce aux moyens de transport modernes nombreux et rapides et les structures logistiques existantes.
Ce meilleur choix signifie également l’existence de critères qui sont plus ou moins universels dans la mesure où notre sensibilité, nos désirs, notre entendement personnalisent le choix.
Nous pouvons donc, par exemple, choisir le meilleur véhicule disponible dans le monde selon nos critères de choix, le commander et le faire venir jusqu’à nous.
Ceci est vrai pour toutes choses dans la mesure où nous somme capables d’en payer le prix !
Mais cette démarche de recherche d’excellence, par ailleurs relative à notre personnalité, est-elle bien raisonnable, souhaitable, écologique ?
Mettre en exergue cette démarche signifie accepter de mettre en concurrence mondiale tous les fabricants de produits ou services. Elle signifie aussi accepter le coût écologique des transports longue distance et relativement rapides. Elle veut dire aussi qu’il devient inutile de chercher à produire personnellement son objet favori puisqu’il est sans doute disponible quelque part dans le monde !
Notre créativité, notre fantaisie, notre savoir faire, notre plaisir de faire sont ainsi perdus ! Une catastrophe sur le plan personnel !
Du coup, peut-être serait-il plus sain pour notre esprit, pour notre corps, de regarder d’abord autour de soi pour acquérir quelque objet à notre portée immédiate voire à le fabriquer avec nos moyens personnels ou de proximité. Et puis mieux encore, associons nous pour partager des choses, des services, des plaisirs … et ainsi profiter au mieux de nos vies.
Finalement, je me suis posé une question idiote … mais qui m’a permis de comprendre que le plus important c’est d’abord de vivre avec ses proches.
(*) le concept de nomenclature
Dans les bases de données, il se modélise par une relation n-n entre objets. En effet si une voiture se décompose en roues, moteur, carrosserie, … vis, … ce qui suggère une relation hiérarchique ou une relation 1-n, en fait cette même vis peut se retrouver dans le moteur, dans la porte élément de carrosserie, etc … Voir article sur le modèle universel sur ce site.
(*) pour un livre, une revue, etc … il existe un identifiant universel, du moins pour la France et les pays occidentaux appelé ISBN
Exemple d’ISBN 978-2-904082-90-0 qui correspond à l’ouvrage L’isolation écologique, conception matériaux et mise en œuvre dont l’auteur est Jean-Pierre Oliva