Prévention et infantilisation

Les hommes politiques de notre pays ne sont guère très efficaces pour aider à résoudre les soucis essentiels du peuple français. Cela est plutôt normal puisque ces hommes que nous avons élus ne sont pas à l’écoute de ce peuple.
Cependant, les élus votent régulièrement des lois censées protéger les français contre à peu près tout, voire même son contraire ! Et bien que la motivation annoncée pour ces lois, soit notre protection, une analyse un peu plus approfondie montre bien que le souci réel est de faire réaliser des bénéfices aux entreprises privées et des économies à l’État.

Premier exemple : la sécurité automobile.
Le port de la ceinture de sécurité, en voiture, a été rendu obligatoire pour les passagers avant en 1973 et pour les passagers arrière en 1990. Il devient obligatoire pour les chauffeurs de poids lourds et les chauffeurs d’autocars ainsi que leurs passagers depuis 2003. Le but annoncé par ces obligations de protection est d’épargner des morts et des blessés graves lors d’accidents de circulation. Nos élus sont soucieux de notre bien être !
En vérité, les choses sont un peu moins roses que l’ancien permis de conduire ! En effet, l’objectif premier de cette obligation est de diminuer les dépenses engendrées par les soins dispensés, parfois à vie, aux personnes gravement blessées mais aussi pour soulager la charge des hôpitaux, des pompiers et de toutes personnes et service d’aide médicale et sociale. Un autre but est de réduire les dégâts sociaux et les charges d’assurance vie liées aux morts de la route.
Que la ceinture de sécurité protège est indéniable, que son installation sur tout véhicule soit obligatoire semble pertinent, ce qui au passage, et tout particulièrement pour les jeunes enfants entraîne un business juteux pour les entreprises du secteur automobile, mais que celle-ci soit obligatoire interroge sur l’opinion des élus à l’égard des gens !
Clairement, ils nous considèrent comme des inconscients, ils nous infantilisent !
De plus quand la police colle une contravention à celui qui ose conduire, non ceinturé, non seulement on nous traite de fautif mais en plus on nous fait largement payer cette faute.
Pourtant, celui qui ne verrouille pas sa ceinture, se met en péril lui-même, mais ne fait rien craindre à tous les autres, non ? Et puis, les airbags installés systématiquement par les constructeurs depuis l’année 2000 environ, n’assurent-t-ils pas une protection tout aussi efficace ? Ils ne sont pas encore obligatoires tout comme il est inutile de mettre une ceinture et des bretelles pour faire tenir son pantalon !

Pour réduire la vitesse, cause principale des accidents graves, diverses mesures ont été prises telles que la limitation de vitesse selon la situation de la route et les ralentisseurs.
Le principe de cette limitation est assez clair ; 30 km/heure dans les zones partagées avec les enfants et les piétons, 50 km/heure dans les villages et villes, 90 km/heure sur les routes de campagne, 110 à 130 km/heure sur les deux voies séparées ou les autoroutes. Ces informations sont enseignées lorsque les futurs conducteurs passent leur permis. Cependant, nos élus pensent que nous sommes débiles ; c’est pourquoi, ils jalonnent toutes nos routes de panneaux limitation de vitesse ! Le coût de ces panneaux si nombreux est sans doute prohibitif d’autant plus que l’usage des routes change et que les panneaux se détériorent avec le temps.
Mais certains s’enrichissent dans la construction, la pose, le remplacement des panneaux … Evidemment ça crée quelques emplois quasi inutiles !

Comme nos élus ne croient pas à notre entendement, ils ont également mis en place des ralentisseurs de toutes sortes : dos d’âne, chicanes, ronds points. Ces dispositifs ont une indéniable efficacité. Cependant leur mise en place est particulièrement chère dans le cas des ronds points. Ici encore, on dépense des sommes considérables pour réaliser puis entretenir ces dispositifs. Cela fait sans doute le bonheur des entreprises BTP mais grève d’autant les dépenses publiques !
Est-ce bien raisonnable ?

Deuxième exemple : la santé des français
Ici, le maître mot de nos élus ou membres du gouvernement est la prévention !
Chacun de nous peut, un jour ou l’autre, avoir besoin de soins voire tomber malade plus ou moins gravement. La prise en charge publique de ces soins et maladies coûte cher à l’État.
Le citoyen français est vu comme un enfant incapable de prendre des mesures personnelles pour éviter de tomber malade ; du coup, ils ont inventé un arsenal de mesures préventives plus ou moins efficaces. Le nombre des vaccins obligatoires des enfants en bas âge s’élève à onze !
Chaque année, on incite les plus anciens à se vacciner contre la grippe et/ou le covid19, même si l’efficacité de ces vaccins est loin d’être avérée ! Mais, prétendent-ils, ça protège des cas graves ! Un véritable mensonge d’État qui profite surtout aux grands laboratoires pharmaceutiques. Avec les progrès de l’informatique numérique et ses applications au domaine médical, des tests de toute nature vont se généraliser ou existent déjà (voir appli sur iphone qui mesure votre pouls en permanence et en sort quelques statistiques).
Car voyez vous, braves gens, mes enfants, il faut qu’on veille sur vous, nous vos élus !

Ils nous disent que cette prévention élargie est bonne pour nous puisqu’elle peut souvent nous éviter de tomber malade. Sauf que leur réelle motivation n’est pas celle-là ! Ce qu’ils veulent avant tout, c’est réduire les dépenses de santé, de sécurité sociale.
Grâce à la prévention, ils espèrent réduire de plus en plus le nombre des services médicaux publics (protection médicale infantile, maternités, hôpitaux) mais aussi le nombre des médecins généralistes.
En effet, cette politique de détection par tests et de prévention infantilise la population mais aussi les médecins dont le rôle de diagnostiqueur parfaitement à l’écoute de son patient, est dévalorisé !
Pour une chute et un mal à une articulation, le médecin palpe très peu son patient, ne cherche plus à comprendre par lui-même, mais demande une radio voire un IRM !
Pire encore, avec la téléconsultation, on s’achemine vers la médecine algorithmique !
Cette médecine là est-elle bien raisonnable ?

Troisième exemple : les accidents du travail
Ce sujet est vaste ; nous nous limiterons au cas des couvreurs et autres personnels travaillant sur les toits et terrasses en hauteur des constructions.
La plupart de ces personnes connaissent bien le risque de leur profession et s’arriment solidement pour parer à une éventuelle chute. Lorsqu’ils doivent utiliser des échelles, ces mêmes personnes ont appris les règles de sécurité à respecter pour éviter la chute. Enfin, comme dans la montagne, on travaille au minimum par deux afin que l’un assure l’autre et réciproquement.
Nos élus ne semblent pas savoir cela. Aussi ont-ils pris des mesures infantilisantes telles que :

1) obligation d’installer des rambardes de sécurité sur toute terrasse accessible à ces travailleurs … ou au public ; pourtant l’accès à ces hauteurs est rare et largement protégé du public !
Qu’importe, c’est obligatoire. Ça ne limitera que très peu le nombre des accidents du travail mais cela a du rapporter gros aux constructeurs des dites rambardes souvent en inox !

2) interdiction d’utiliser des échelles de grande hauteur et donc obligation de remplacer celles-ci par des élévateurs sophistiqués et bien plus coûteux. Certes, cela peut limiter un type d’accident du travail mais à quel prix !
N’y a-t-il pas ici, une intention manifeste de réserver ce type de travail à de grosses entreprises seules capables d’investir dans un élévateur ?
Ces mesures de prévention des accidents de travail sont-elles bien raisonnables ?

Comment pouvons nous expliquer que nos élus prennent des dispositions aussi infantilisantes, aussi déraisonnables, aussi loin des véritables enjeux de notre société ?
La première raison tient dans le fait que ces élus nous représentent fort mal (la majorité absolue d’entre eux sont des cadres supérieurs) et ne connaissent donc pas la vie et les soucis du citoyen français.
La seconde raison tient au fait que les élus font carrière ; ils vivent de la politique, ils vivent dans une bulle politique, ils sont quasiment hors sol … même s’ils se gargarisent d’appartenir à tel ou tel territoire !
La troisième raison est une conséquence de la seconde ; dans cet effort pour rester en place, ils se concurrencent et ont des positions politiques fort différentes ; difficile de trouver un consensus sur des problèmes essentiels mais clivants. En revanche, les mesures tendant à la protection individuelle des gens trouvent plus facilement le consensus et peuvent alors être votées.

Comment remédier à cette situation ubuesque ?
Comme nous l’avons déjà largement développé ici, il semble que l’abandon du système électoral et son remplacement par le tirage au sort soit une solution.
En effet le tirage au sort des citoyens est réellement démocratique puisque celui-ci sort en proportion des gens issus de toutes les couches sociales. De plus le renouvellement des tirés au sort interdit à ceux-ci de faire carrière. Enfin, puisque ces gens sont issus de toutes les couches de la population, ils connaissent forcément tous les problèmes réels de cette population.

Pour en savoir plus sur le tirage au sort, faire une recherche sur déni de démocratie et lire les articles sur :
Le déni de démocratie en France
Rétablir la démocratie en France

Edité le:31/03/2025