Nous sommes nés après cette confrontation
Des nations du monde et leur dévastation.
Nous avons participé à la reconstruction
Par l’essor économique et l’instruction.
Nous avons connu les instants délicieux
Le bonheur de ces gens insoucieux
Profitant de la paix enfin retrouvée
Déambulant, heureux, sur les rues pavées.
A l’école allions à pied ou à vélo
Avant l’heure étions déjà écolos
Nous trempions la plume major dans l’encrier
Avant de pouvoir écrire sur le papier.
Nous apprenions à compter, à lire haut et fort
Pour bien rédiger faisions de réels efforts
Sur les bancs affinions notre raisonnement
Pour faire preuve, plus tard, d’entendement.
Avant de rentrer à la maison
Quelque soit la saison
Discutions entre nous parfois tard
Tellement nous étions bavards.
La cuisine était la seule pièce chauffée
J’ y revois ma mère bien mal attifée
Préparer et servir les repas goûteux
Constitués d’aliments peu coûteux.
Mon père écoutait la TSF perchée haut
A l’abri certain de tout assaut
De ses enfants touche à tout
Mettant leurs doigts sales partout !
Sur le poêle à charbon, les soirs d’hiver,
Chauffait la bouillotte à poser au travers
Dans nos lits réchauffant nos pieds glacés.
Sur la vitre au matin, de blancs et fins tracés.
Les soirs d’été, sur le pas de leur porte
Les gens devisaient, échangeaient de la sorte
Les hommes avaient fermé la radio qui grésille
Pour mieux regarder les jolies filles.
Nos parents ne connaissaient pas la charge mentale
Ils n’avaient pas la connaissance digitale
Ils agissaient dans ce monde sans crainte
Et travaillaient dur sans aucune plainte.
Et puis les choses ont changé très vite, trop vite ...
Pour aller au lycée, prenions le bus
D’autres optaient pour l’omnibus
La plume major fut remplacée par le stylo bille
Prenions tous le chemin de la grande ville.
Si les changements devinrent rapides
Nous fument souvent cupides ou stupides
Comme si les inventions nouvelles
Avaient abîmé nos petites cervelles.
La machine à laver nos vêtements
Succéda à la lessiveuse d’antan
La centrale à vapeur électrique
Détrôna les lourds fers métalliques.
Le chauffage central ou électrique
Remplaça nos cuisinières antiques.
On chauffa fort tout le logement
Au mépris de tout entendement.
Les grandes ondes devinrent anachroniques
Face à la révolution du tout numérique
Télévision et smartphone en couleur
Désormais font, parait-il notre bonheur.
Grâce aux Internet liaisons
A distance comme à la maison
Savons tout du nouveau monde
Même ses faits les plus immondes.
Sur les autoroutes filent nos voitures
Facile de partir en villégiature
Même si trop souvent derrière l’oriel
Ne savons plus voir la terre ou le ciel.
La vitesse en tous domaines
Semble devenue notre reine
Nous empêchant de réfléchir
A ce que nous allons devenir.
Malgré ces énormes changements
Nous voulons encore vivre simplement
Nous savons bien qu’avant n’était pas mieux
Mais l’avenir nous semblait plus radieux.
Nous demeurons vivants entre passé et avenir
Chargés de souvenirs et prêts à intervenir
S'il le faut avec courage, joie et entrain
Pour un monde meilleur, demain.
Edité le:30/01/2026