Bonjour,
Suite à la lettre de Roger Cadiergues parue dans le portail Xpair et concernant le nucléaire, je souhaite réagir (droit de réponse).
En effet dans cette chronique Monsieur Cadiergues semble laisser croire que le nucléaire est une technique tranquille.
Or il n'en est rien et pour cause:
1. Le réacteur nucléaire est une grosse bouilloire à faire de la vapeur d'eau pour faire tourner une turbine accouplée à un alternateur, lequel produit de l'électricité. Rien de plus basique, une simple machine de Carnot. Mais y a comme un smilblick quand même car:
- lorsqu'on veut arrêter la bouilloire, il faut faire descendre (ou monter) des barres qui modèrent puis arrêtent la réaction nucléaire. Sauf que la chaleur résiduelle est telle qu'il faut poursuivre pendant un temps non négligeable, le refroidissement du réacteur. Or, en cas d'incident grave, il se peut que ce système de refroidissement ne fonctionne pas. C'est arrivé à Three Miles Island, à Tchernobyl et à Fukushima. Dans ce cas la bouilloire explose (Tchernobyl) et libère dans l'espace de nombreux radionucléides, ou bien résiste (Three Miles Island) ou bien se perfore par le fond (Tchernobyl, Fukushima) suite au dépôt de corium (mélange de combustible nucléaire et de métaux divers fondus) au fond le la cuve du réacteur. Dans ce dernier cas, pour éviter l'emballement d'une réaction nucléaire, il faut refroidir par les moyens du bord (exemple eau de mer) et rejeter cette eau radioactive. Parallèlement, des émissions de gaz radioactifs sont toujours probables.
2. Ca fait environ 2 mois que les 3 ou 4 réacteurs de Fukushima envoie des radionucléides dangereux pour l'homme, soit dans la mer, soit en terre, soit dans les airs. La CRIIRAD qui effectue des mesures en France un peu moins rassurantes que l'ASN déclare depuis avant hier, que les traces de radionucléides ne peuvent plus être considérés comme négligeables. En d'autres termes nous commençons à subir les effets de la radioactivité en France et dans tout l'hémisphère Nord. Evidemment c'est encore pire au Japon et dans les pays voisins du Japon.
3. les résidus d'une réaction nucléaire normale et maitrisée sont radioactifs longtemps et on ne sait quoi en faire, si ce n'est exposer la population mondiale à leurs effets. On a même imaginé (en France comme au Japon) de noyer ou réutiliser certains de ces résidus (toujours actifs) dans le béton !
4. L'indépendance énergétique n'est pas assurée par ce moyen :
- car les sources d'uranium sont en Afrique ou au Canada pour la France,
- l'épuisement du minerai d'uranium est prévu dans moins de 30 ans (source Science et Vie),
- la production électrique ne représente que 18% de toute l'énergie consommée en France.
5. L'uranium contribue à l'effet de serre, certes très peu lors de la réaction nucléaire, mais beaucoup :
- lors du transport et du traitement du minerai
- lors du traitement et du stockage des déchets à vie
- lors du déplacement d'experts
- de par la mise en place des mesures de sécurité
- par le fait que les points de consommation électriques sont absorbées par des centrales classiques, le nucléaire ayant trop d'inertie.
Bref, si vous voulez bien vérifier le bien fondé de mes arguments contre le nucléaire, vous devriez, comme moi,
- penser que cette technologie n'a aucun avenir,
- qu'elle est une très grosse erreur qui remonte à 1965 environ (Général de Gaulle).
Et quand on est conscient de ses erreurs, que fait-on ?
Soit on corrige si c'est possible (impossible ici, voir argument 1 3 4 5)
Soit on fait marche arrière et abandonne une filière désastreuse pour l'homme.
J'aimerais que tous les décideurs, les financiers, les techniciens arrêtent de jouer aux apprentis sorciers et laissent, enfin, se développer des énergies renouvelables, délocalisées, utilisables par tous. Certes ce n'est pas leur intérêt pécunier immédiat, mais c'est leur intérêt vital et celui de leur descendance.
Edité le:05/03/2019