La voix de son maître

Je suis allé passer quelques jours à La Rochelle. Et j’ai pris le bus pour aller visiter l’île de Ré.
La Rochelle est une ville vivante que je revois toujours avec plaisir. La découverte de l’île de Ré et ses petits ports animés m’a plu aussi.
Mais là n’est pas mon propos.

Dans le bus, une voix annonçait les différents arrêts. Quelle ne fût pas ma surprise de constater que cette voix était identique à celle entendue dans les bus de Saint Quentin en Yvelines !
Certes, à La Rochelle et sur l’île de Ré on retrouve les mêmes chaînes de magasins qu’en région parisienne. Néanmoins j’ai été fortement déçu d’entendre cette voix connue quoique qu’anonyme, par ailleurs assez peu agréable, annoncer le prochain arrêt du bus !
Cela signifie donc que les compagnies de bus parisienne et rochelaise ont fait appel au même prestataire.
Lequel prestataire facture sans doute bon marché sa prestation. Je plains la personne qui a passé une grande partie de son emploi à ânonner le nom de nombreux arrêts de bus en France. Mais peut être suis-je en dessous de la vérité ; peut-être s’agit-il d’un programme automate capable de convertir le nom des arrêts en syllabes ?

Les hommes qui managent les entreprises ont le sens des affaires mais aucune humanité ! Ils nous proposent un monde uniforme sans saveur, sans odeur, sans accent ! Quelle tristesse !

Bien sûr, je préfère parler avec les gens du terroir de vive voix. Mais quand on veut me rendre service par l’énoncé de lieux ou d’arrêts, j’aimerais entendre l’accent pointu du midi si je suis dans le sud de mon pays, écouter le patois ch’timi si je suis dans un bus lillois, etc …

Puis-je faire comprendre au moins au maire de La Rochelle et au président de la communauté rochelaise que j’abhorre la « voix de son maître » la finance ?

Edité le:29/05/2022